Collision à Urda : au moins 68 morts, un choc à un mois des législatives

Le 29 octobre, sur la ligne Madrid-Séville, un train Renfe a heurté un Iryo immobilisé, faisant au moins 68 morts. Le drame survient à un mois des législatives.

Agnès Poulain Par Agnès Poulain
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Collision à Urda : au moins 68 morts, un choc à un mois des législatives
Un train à grande vitesse Renfe à l’arrêt dans une gare. Photo d’illustration, sans lien avec l’accident.

En bref

  • Au moins 68 morts après la collision de deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède.
  • Trois jours de deuil national ont été décrétés par le gouvernement espagnol.
  • Les législatives sont prévues le 29 novembre, et le gouvernement de Pedro Sánchez est de nouveau sous pression.

Une collision entre deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède, a fait au moins 68 morts, selon les premiers bilans des autorités rapportés par Geo.

68morts au moins, d’après les premiers bilans
397passagers à bord de l’AVE de la Renfe
147personnes dans le train Iryo

Une collision à 8h54 sur la ligne Madrid-Séville

Selon Voyages d’affaires, l’accident s’est produit à 8h54, en Castille-La Manche, entre un AVE de la Renfe et un train de la compagnie Iryo, filiale de FS Group. Les premières informations indiquent que le système de signalisation est passé en mode manuel. Le train Iryo était à l’arrêt, à 150 km au sud de Madrid, quand la rame Renfe, autorisée à repartir, l’a percuté à environ 100 km/h.

Le bilan des blessés diffère selon les sources : 80 pour Voyages d’affaires, 180 pour Geo. Des médias locaux évoquent une défaillance du système de sécurité suivie d’une erreur humaine venue du centre d’Atocha, à Madrid, mais cette cause n’est pas établie. Le gouvernement espagnol a décrété trois jours de deuil national. Les deux rames portent les numéros AVE 2080 et Iryo 6076.

Adamuz, puis Urda : une série noire

Le 18 janvier, près de Cordoue, l’accident d’Adamuz avait déjà impliqué Iryo et la Renfe. Ce jour-là, le train Iryo avait déraillé à cause de la cassure d’un rail sur une voie rénovée, avant d’être percuté par une rame Renfe arrivant en sens inverse. Geo indique que cette catastrophe est aujourd’hui attribuée à un mauvais entretien des voies.

Accident Date Bilan Cause évoquée
Saint-Jacques-de-Compostelle 2013 79 morts AVE circulant à petite vitesse sur une voie de liaison
Adamuz 18 janvier 46 morts, 170 blessés Rail cassé, mauvais entretien des voies selon Geo
Urda 29 octobre Au moins 68 morts Hypothèses de médias locaux, non démontrées

L’accident de 2013 reste la plus grande catastrophe ferroviaire espagnole à ce jour.

Un choc politique à un mois du scrutin

Les élections législatives sont prévues le 29 novembre. Pedro Sánchez avait repris des couleurs en misant sur le logement et les questions sociales face au conservateur Alberto Núñez Feijóo. Selon Geo, l’accident a brutalement changé la donne. Un député socialiste anonyme, cité par Politico, estime que « L’opposition va naturellement s’en servir, comme elle l’a fait pour l’accident d’Adamuz ».

Le parti d’extrême droite Vox a accusé l’État de « dégradation des infrastructures et des institutions ». Les sondages laissent entrevoir une possible majorité parlementaire de droite. Après Adamuz, Pedro Sánchez avait promis de « rétablir la confiance ». L’analyste et journaliste Ramón González Férriz voit dans le chemin de fer « un déclin similaire d’autres secteurs qui fonctionnaient bien en Espagne ». Apparu en 1992 dans le pays, le train à grande vitesse a longtemps symbolisé la modernité, mais les investissements dans les transports ont fortement diminué au fil des années.

Repères pour les voyageurs

  • L’Espagne possède le deuxième réseau à grande vitesse du monde, derrière la Chine : 3995 km, dont 3225 km où les AVE dépassent 250 km/h.
  • Quatre opérateurs y circulent : Renfe, Iryo, Ouigo Espagne et Avlo, la marque low cost de la Renfe.

Photo : Explorando la provincia de Cádiz / Pexels

Agnès Poulain

Longs voyages, escapades courtes et séjours linguistiques

Agnès Poulain

Agnès Poulain a donné des cours d'anglais aux adultes pendant trente-cinq ans, en entreprise et en cours du soir, et a accompagné de nombreux groupes en séjour à l'étranger. Sur Mozaïk Voyages, elle écrit sur les séjours linguistiques, pour les jeunes comme pour les adultes. Elle apprend l'italien depuis sa retraite.