Sous la grotte des Vénus, des vides possibles dans le sol
Près de Parabita, géoradar et mesures électriques ont décelé des signaux évoquant des espaces vides, qu’aucune fouille n’a encore confirmés.
En bref
- La grotte des Vénus se trouve près de Parabita, dans les Pouilles.
- Trois zones ont été sondées sans creuser, avec deux techniques géophysiques.
- Les anomalies, de 0,5 à 10 mètres de diamètre, restent à confirmer.
- De possibles fractures posent la question de la conservation du site.
Non, personne n’a encore pénétré dans de nouvelles salles sous la Grotta delle Veneri. Des chercheurs ont en revanche relevé, dans le sol qui entoure cette grotte de la région des Pouilles, des signaux qui pourraient correspondre à des espaces vides. Selon Geo, qui rend compte de leur étude, ces anomalies restent à confirmer.
Une grotte déjà riche en vestiges
La grotte des Vénus, près de Parabita, a déjà livré beaucoup d’informations sur le passé de cette partie de l’Italie, que l’on peut croiser avec les trésors des Pouilles lors d’un séjour. Les fouilles de 1966 y ont mis au jour des restes humains rattachés à la fois aux Néandertaliens et aux premiers humains modernes, ainsi que deux statuettes figurant des femmes enceintes.
Le lieu a également restitué des outils taillés dans la pierre et des objets en os ornés, datés du Paléolithique supérieur. Viennent s’y ajouter des vestiges plus récents, du Néolithique et de l’âge des métaux. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Digital Applications in Archaeology and Cultural Heritage, indique que les sous-sols alentour pourraient receler d’autres découvertes.
Sonder la roche sans creuser
Pour éviter toute fouille, l’équipe a associé deux techniques géophysiques. Le géoradar projette des ondes électromagnétiques dans le terrain, puis analyse leur réflexion lorsqu’elles rencontrent un changement de matière ou une structure enfouie. La tomographie de résistivité électrique, elle, évalue dans quelle mesure le sous-sol résiste au passage d’un courant.

Ces instruments détectent des anomalies, qui peuvent signaler des espaces vides, mais aussi de la roche fracturée ou des matériaux meubles. Trois secteurs, nommés zones A, B et C, ont été étudiés.
Trois zones, trois ordres de grandeur
| Zone | Diamètre estimé | Profondeur du sommet |
|---|---|---|
| A | 8 à 10 mètres | 0,9 à 2,7 mètres |
| B | 0,5 à 1 mètre | 1,8 à 3,6 mètres |
| C | 4 à 5 mètres | 0,9 à 3,6 mètres |
En zone A, la forme et l’intensité des signaux radar pourraient indiquer un lien avec la grotte. Pour les zones B et C, les structures sont décrites au conditionnel : elles mesureraient telle taille et commenceraient à telle profondeur.
Ce qui reste incertain, et l’enjeu de conservation
Les chercheurs notent eux-mêmes que l’humidité, les fractures et les cavités remplies sont capables de produire des signaux semblables à ceux attribués aux vides supposés. Des investigations supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer la nature exacte des structures et vérifier si certaines communiquent avec la grotte principale.
Les relevés ont par ailleurs révélé de possibles fractures dans la roche située sous la grotte. Elles pourraient constituer des zones de faiblesse, ce qui représenterait un enjeu majeur pour la conservation du site.
Les chercheurs souhaitent dresser la carte de secteurs encore mal connus avant d’éventuels travaux de restauration, destinés à faciliter l’accès des visiteurs tout en gardant le site stable. Aucune date de travaux n’a été annoncée, et le dossier ne donne ni horaires ni conditions d’accès : pour une visite, mieux vaut se renseigner auprès des gestionnaires du site.
Photo : Quang Nguyen Vinh / Pexels
