Après la Russie, Rivages du Monde mise sur le Mékong et le fleuve Rouge

Du Volga au Mékong, le fondateur de Rivages du Monde revient sur un quart de siècle de croisières fluviales et explique pourquoi il ne cherche pas la jeunesse.

Inès Tazi Par Inès Tazi
4 min de lecture
Après la Russie, Rivages du Monde mise sur le Mékong et le fleuve Rouge
Un bateau de croisière navigue sur les flots baignés par la lumière dorée d’une fin de journée.

En bref

  • Rivages du Monde a été créé le 10 août 2001 par Alain Souleille, historien de formation.
  • La guerre en Ukraine a stoppé en 2022 l’activité russe, remplacée par une diversification.
  • Le Mekong Romance, deuxième bateau sur le fleuve, emmènera 64 passagers de Saïgon à Angkor.
  • Le fleuve Rouge doit passer de deux départs à une quinzaine à partir de 2028.

Un croisiériste qui affirme ne pas vouloir rajeunir sa clientèle, voilà qui détonne dans un secteur obsédé par les nouveaux publics. C’est pourtant la position d’Alain Souleille, président et fondateur de Rivages du Monde : « Je vais vous étonner : je ne suis pas pour le rajeunissement. » Il s’exprime dans un entretien accordé au Figaro, à l’occasion des 25 ans de sa compagnie.

De la Volga à la diversification

Tout commence le 10 août 2001. Alain Souleille, historien de formation, spécialiste des Balkans et russophone, fonde ce qui deviendra le spécialiste français des croisières culturelles, entièrement francophones, sur de petites embarcations. À l’origine, ses rives sont surtout celles de la Volga, avec des trajets entre Moscou et Saint-Pétersbourg.

L’année 2022 et le début de la guerre en Ukraine ont mis un coup d’arrêt durable à cette activité. La Russie pesait 10 millions de chiffre d’affaires, avec trois bateaux exploités toute la saison. Le fondateur assure que la perte est digérée : la compagnie survit sans la Russie, non grâce à un grand produit équivalent, mais en se diversifiant. Entre les années 2010 et 2016-2017, elle avait par ailleurs renouvelé toute sa gamme pour des bateaux plus confortables, sur le segment premium.

Le Mékong et le fleuve Rouge, nouveaux terrains

Le Mekong Romance, deuxième bateau de la compagnie sur le Mékong, emmènera 64 passagers de Saïgon à Angkor. Inspiré de la maison de L’Amant, il reprend les codes de l’Indochine, avec une cuisine à bord et des conférences qui prolongent l’immersion.

2000 sur 14.000passagers de Rivages du Monde qui choisissent le Mékong
35 contre 2bateaux sur le Mékong aujourd’hui, contre deux en 2004

La compagnie arrivait donc sur ce fleuve quand il n’y avait que deux bateaux. Le fleuve Rouge suivra : à partir de 2028, entre la baie d’Ha Long et Hanoï, Rivages du Monde passera de deux départs à une quinzaine, avec des bateaux de format voisin du Mekong Romance.

Petite barque en bois naviguant sur un cours d’eau bordé d’une épaisse végétation de palmiers.
Navigation en barque traditionnelle sur un canal tropical bordé de palmiers d’eau. Photo : Alberto Capparelli / Pexels

Où embarquer : mer, fleuves et petits bateaux

Si le fluvial reste le cœur de métier, l’offre s’élargit à quelques croisières maritimes côtières, toujours sur de petits bateaux.

Destination Ce que propose la compagnie
Japon Deux itinéraires cette année, sur un bateau de 100 passagers
Corée du Sud Prévue en 2028
Croatie, Cyclades Croisières côtières
Patagonie Navigation avec Australis
Équateur Croisière fluviale combinable avec les Galápagos
Albanie Bateau de 60 passagers, croisières lancées en 2011
Rhône, Moselle allemande Croisières proposées, mais pas sur la Moselle française

La clientèle est française, belge, québécoise ou suisse. Sur la Seine, une croisière de huit jours coûterait environ 4000 euros, un tarif que le fondateur juge compliqué à vendre à des Français qui peuvent rejoindre Honfleur en voiture. Il note aussi qu’en Albanie, présentée partout comme la destination la moins chère d’Europe, demander 5 000 euros n’est pas évident avec un si petit bateau.

Aléas, concurrence et slow tourisme

Sur le marché français, Alain Souleille cite CroisiEurope, qui représenterait selon lui 220.000 passagers et 55 bateaux. Il ne se compare pas : « Les clients de CroisiEurope n’ont pas les moyens de venir chez nous et les nôtres n’ont pas envie d’aller chez CroisiEurope. »

Il constate par ailleurs une tendance au « slow tourisme » : des voyageurs qui veulent prendre leur temps et vivre une immersion. « Pendant des années, la croisière fluviale a traîné une image de voyage pour vieux, un peu démodé », dit-il. Selon lui, il faut aujourd’hui attendre quatre ans pour obtenir une place dans un chantier naval. Et comme « nous avons une clientèle très fidèle », la compagnie se doit de proposer des nouveautés.

Photo : Orhan Pergel / Pexels

Inès Tazi

Longs voyages, escapades courtes et séjours linguistiques

Inès Tazi

Inès Tazi a grandi à Casablanca avant de s'installer à Montpellier, et voyage depuis ses études avec le même sac en toile. Sur Mozaïk Voyages, elle écrit sur les quêtes, les traversées, les pèlerinages et les escapades qui sortent des sentiers battus. Elle tient un carnet où elle note une odeur et un bruit pour chaque ville visitée.